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Évènement : Conférence "Santé des femmes : comment la médecine a construit les inégalités de genre ?"

  • 19 juin
  • 2 min de lecture


Lundi 15 juin, nous avons eu le plaisir de recevoir Muriel Salle, historienne spécialiste du genre et de la médecine à l’Université Claude Bernard Lyon 1, afin d’étudier comment la médecine a contribué à façonner les inégalités de genre en santé dans la recherche, les diagnostics, et les parcours de soins.


La soirée s’est ouverte par un état des lieux de la santé des femmes, mettant en lumière un paradoxe majeur : si les femmes vivent plus longtemps que les hommes, elles passent également davantage d’années en mauvaise santé. L'écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé est plus important chez les femmes que chez les hommes. Un constat qui invite à dépasser les seules explications biologiques pour interroger la manière dont les connaissances médicales se sont construites. L'approche historique proposée par Muriel Salle a permis de décrire la construction des savoirs médicaux au 19ème siècle, autour du corps masculin érigé en norme, reléguant les manifestations cliniques observées chez les femmes au rang de « l'atypie » car non décrites. De plus, la douleur des femmes a longtemps été considérée comme normale. Les progrès médicaux du 19ème siècle ont renforcé la légitimité du corps médical dans la société et dans l’espace politique, contribuant à faire de la symptomatologie masculine la référence.


Les échanges ont également mis en lumière plusieurs évolutions encourageantes :

  • la féminisation progressive de la profession médicale et des équipes de recherche qui contribue à enrichir les connaissances, notamment récemment sur la santé reproductive ;

  • certains pays, comme les Pays-Bas et l'Allemagne, ont développé plus précocement des départements de recherche dédiés à la santé des femmes et aux études de genre, permettant une meilleure intégration de ces enjeux dans la recherche et les politiques de santé ;


Muriel Salle a également insisté sur l’importance de parler de santé des femmes, et non de santé de la femme. Une nuance essentielle qui rappelle que la santé des femmes ne se limite pas aux questions gynécologiques ou reproductives, mais concerne l’ensemble des déterminants de santé tout au long de la vie.


Un grand merci à Muriel Salle et à tous les participants pour leurs questions et les échanges ! 




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